Son quotidien, c’est guider les avions à l’atterrissage comme au décollage à l’Aéroport international Blaise Diagne. Salimatou Baldé Diallo, cette jeune sénégalaise est entrée dans l’histoire de l’AIBD car étant la femme qui a supervisé l’atterrissage du 1er vol commercial dans ce grand aéroport du Sénégal.

Études entre Dakar et Niamey

Née à Dakar d’un couple Sénégalo-guineen, Salimatou a fait ses études primaires à l’école Sainte-Thérèse puis le collège Saint-Pierre où elle a obtenu son BFEM. Elle a fréquenté les cours Sainte-Marie de Hann pour décrocher son Bac scientifique. De là, elle part étudier à l’Ecole supérieure polytechnique (ESP) de Dakar où elle suit une formation en informatique de gestion.

L’aviation, elle n’y a jamais pensé faire carrière. Elle explique : « Au début, le métier de contrôleur aérien ne faisait pas partie de mes options, je comptais faire une carrière dans le domaine de l’informatique. J’ai surtout suivi les conseils de mon père qui lui voyait déjà sa fille dans le secteur de l’aéronautique’’.

Après son DUT à l’ESP, Salimatou a fait sa formation en contrôleur aérien à Niamey dans le centre de formation de l’ASECNA (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne). Il s’agit de l’École africaine de la météorologie et de l’aviation civile (EAMAC).

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Son métier de contrôleur aérien à Dakar

A sa sortie de l’EAMAC, Mme Diallo suit une cellule d’instruction CA de Dakar (appelée CELICA), passage obligatoire pour maîtriser les réalités du terrain et être apte à pratiquer le métier. “Ce n’est pas parce qu’on a le diplôme de contrôleur Aérien qu’on peut forcément exercer ce métier” nous a fait savoir Salimatou Diallo “ Il faut d’abord l’aimer et être une personne rigoureuse et concentrée” ajout-t-elle.

Salimatou est qualifiée sur toutes les positions de contrôle du centre et devient contrôleur CSQ. A force d’abnégation et de détermination, elle devient instructeur CA en 2015. Ce qui lui confère la qualité de « contrôleur ICQ” dans le jargon de l’aviation civile et lui permet de participer à la formation des jeunes contrôleur fraîchement sortis de l’école de l’ASECNA au niveau de la CELICA

Supervison de l’atterrissage du 1er vol commercial à l’AIBD

Salimatou a débuté sa carrière à l’Aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar comme contrôleur aérien.

Elle a rejoint, en 2018, l’Aéroport international Blaise Diagne à son ouverture et elle a eu le privilège de participer à faire atterrir le premier vol commercial. Historique, mémorable, exceptionnel… c’est en ses mots qu’elle décrit cette journée de travail.

Elle explique : ‘‘C’est quand je suis arrivée au service, que j’ai été informée que je devais superviser le premier vol commercial qui allait atterrir sur AIBD. Tout de suite, j’ai mesuré la chance que j’avais de vivre un événement qui se produit exceptionnellement dans une carrière : ouvrir un aéroport, faire atterrir le premier vol commercial, inaugurer les nouveaux équipements, c’était un gros challenge mais aussi une fierté. Une Fierté en tant que femme, une fierté en tant que contrôleur, une fierté pour le Sénégal.’’

Elle poursuit : ‘‘C’est un vol Transair qui a décollé de Ziguinchor qui a été le premier à atterrir sur le tarmac de l’aéroport. Le pilote a reçu la procédure ainsi que toutes les informations nécessaires pour qu’il puisse faire correctement son approche. J’ai géré l’avion jusqu’à son atterrissage. Je l’ai fait rouler sur les taxiways et ensuite je l’ai laissé à la disposition de l’équipe au sol. Ainsi c’est un avion de Transair qui a inauguré AIBD. Nos pompiers lui ont d’ailleurs fait un jet d’honneur en l’arrosant d’eau.’’

L’exercice du métier de contrôleur n’empêche pas Salimatou d’assumer pleinement son statut de mère et d’épouse. Malgré les multiples contraintes (stress, horaires difficiles et les lourdes responsabilités liées au métier), elle fait face sur tous les fronts grâce à “un mari compréhensif  » qui exerce dans le domaine médical. “J’ai la chance d’avoir un mari qui comprend les difficultés de mon métier et qui vit les mêmes contraintes horaires que moi” fait-elle remarquer.

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