« Diamono dji so beuré niou daanou sa kaw, so beuré woul niou beuré daanou seu kaw », quelle acception !!! Kane nguéne di beurél ? Cela va de soi que vous vous croyiez à l’arène et que vous pensiez que tout le monde vous veut du mal. Et si on vivait simplement, chacun se disant que « diamono bi metti neu. Kou nekk seu bopp doyneu leu » ?

Recourir aux marabouts-féticheurs relève d’une faiblesse sans commune mesure. Dans un pays comme le Sénégal, ayant une population à majorité croyante, comment peut-on se permettre une telle bassesse ? 

Toutefois je ne porterai ni l’habit de l’Imam, encore moins celui du Curé pour dénoncer de telles pratiques. « La morale est la religion de ceux qui n’en ont pas » dit-on. Comment la morale peut-elle accepter de telles pratiques ? Vouloir séparer ce que l’on n’a pas uni, semer la discorde là où régnait une parfaite entente, substituer la paix à la guerre sans fin…  À quel prix ? Au nom de quoi ? Qu’est-ce que cela peut bien garantir ?

Ce sont comme les libertés individuelles. Dès qu’on élargit le champ d’une d’entre elles, on réduit celle d’une autre.

Lorsque je vois des citadins parcourir des kilomètres à la recherche d’une potion magique afin que leur conjoint leur obéisse au doigt et à l’œil, je suis étonnée. Cette pratique n’est pas exclusivement réservée aux femmes mais elles sont nombreuses à s’en enorgueillir. J’ai rarement (pour ne pas dire jamais) vu un homme dire avec une immense fierté que grâce au marabout, même les parents de la fille doivent passer par lui pour que cette dernière lui obéisse. Quelle honte!

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Chère maman, tante, sœur, cousine, grand-mère, sais-tu qu’en voulant que ton homme ne comble que toi, il se détache d’autres femmes comme toi notamment sa mère, sœur, fille, première épouse etc. ? Voudriez-vous qu’en tant que mère votre fils prenne ses distances à cause de sa femme ? NON. Ne faîtes donc pas aux autres ce que vous n’aimeriez pas que l’on vous fasse bon sang !

Ce n’est pas pour rien que l’on dit que tout ce que la femme vit comme malheur, une autre femme en est l’origine. J’en connais qui assument parfaitement le fait d’y recourir. Néanmoins la plupart de ceux qui s’y baignent te diront qu’ils ont été victimes et depuis lors, ils prennent leur précaution. Humm….

C’est une pratique qui prend des proportions énormes. Dès le jeune âge, on fait croire à certains que sans l’aide d’un marabout ils ne réussiront pas. C’est quand même inquiétant. Ce sont ces gens qui, lorsqu’ils commencent à évoluer dans le milieu professionnel, vont faire des allers retours Dakar-Dahra Djoloff, Dakar-Casamance avant de prendre leur poste, donneront 1111 kilos de pain en aumône et rempliront leur bureau de « saafara ». Et si on leur faisait croire en eux? Et si on leur disait que seul le travail paie et que chacun est capable de réussir par ses propres moyens ?

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Ces jeunes filles et garçons, par peur ou par manque de confiance, vont s’y adonner pour « pécho leur crush ». C’est vouloir forcer le destin que de s’adonner à ce genre de pratiques.

Les médias qui devraient aider ne cessent d’abriter davantage la population. Les marabouts-féticheurs sont invités à longueur de journée sur les plateaux TV et radios. La bêtise est galopante au sein de notre société. Faut-il en rire ou en pleurer ? J’ai décidé de ne pas donner ma langue au chat et d’émettre mon cri du cœur à travers le blog de NK.

Il existe des moyens de se protéger sans chercher à blesser l’autre, on réussit par abnégation, volonté et confiance mais jamais sans travail. Réveillons-nous, travaillons, donnons-nous les moyens, ayons confiance en nos capacités.  On a beau dire « serigne yi dagniy lekk sene khaliss », ils y vont toujours.

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